B.G., France

Fevrier 2005, Turquie, semaine d'héliski

La journee précédente: grosses chutes de neige et nous nous sommes retrouvés avec une couche de fraiche d'environ 50cm d'épaisseur. Soleil parfait. Nous decidons donc avec mes deux amis, Renaud et Matteo de sortir les snow. Nous nous envolons donc avec notre guide et un pilote d'hélico de Verbier, très très expérimentés. Plusieurs descentes de rêve, courbes dans une neige cependant un peu lourde (nous nous trouvons juste au dessus de la mer Noire et le soleil tape fort).

Nous nous faisons déposer sur cette pente superbe, très pentue au depart dans un cirque presque parfait. Le guide coupe tranquillement la pente et me fait signe: tout est Ok. Je pars alors pleine pente, espérant piquer la trace de mes compagnons (normal !) Une trente de mètres plus bas, j'attaque un virage en back-side à la recherche de belles sensations et là .... Je vois toute la montagne au dessus et en dessous de moi qui semble "exploser" et je ressens cette horrible sensation de partir dans une glisse forcée et totalement incontrolée. J'ai eu alors le reflexe (c'est ce que l'on m'avait appris) de garder mon surf "sous mes fesses "(afin de limiter l'effet de traction vers le fond favorisé par le surf) et surtout de déclencher mon airbag.

Je pourrais décrire cette interminable descente en trois phases (avec une donnée constante qui est de prendre énormement de neige dans la figure, les yeux, de respirer de la neige etc...)

1. Vous êtes encore "en surface" et à la lumiére. On vous deverse juste des camions de neige sur la tête et votre objectif est de tenter de respirer
2. Vous êtes sous une couche de neige qui reste assez peu épaisse pour laisser passer le jour. Mon ami Renaud m'a raconter sa plongée sous le lac de Tignes et je pense que l'impression est la même. Mais là, vous êtes irresitiblement attiré vers le fond. C'est là où vous commencez à prier...
3. C'est le noir: j'avais assez de neige sur la tête pour que le soleil ne passe plus mais je continuais à descendre (assez vite d'ailleurs).

Et lorsque l'avalanche ralentit, vous vous sentez remonter irremediablement vers la surface, poussé par le volume qui est sur votre dos: votre airbag. Je me suis donc retrouver sous 50cm de neige et j'ai pu sortir seul au soleil. Secoué, avec une belle envie de vomir (mélange de neige au fond de ma gorge et de peur), mais vivant.

Je pense clairement que le fait de maintenir mon surf sous mes fesses m'a clairement permis de ne pas sortir blessé de cette aventure. Cependant, il y avait là une accumulation de 8 mètres de neige (dixit le pilote de l'helico) et sans mon airbag je ne serais certainement pas remonté vers la surface. J'avais beaucoup "chambré" mon ami Renaud lorsqu'il avait acheté le sien. Là heureusement, les guides le rendaient obligatoire pour l'héliski.

Je n'ai bien sur pas arrèté de skier hors piste (nous ne faisons pratiquement que cela) et je reprendrai cette année l'helico (après un break d'un an pour cause de paternité). Mais la première chose que j'ai faite en arrivant à Val d'Isère après cette expérience est de m'acheter mon airbag. Je ne le quitte plus.

Yves & Olivier

Yves

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Serge J.

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Sauvé par ABS AIRBAG
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